Prolongez votre potager : les semis à faire en septembre avant les premiers gels

Prolongez votre potager : les semis à faire en septembre avant les premiers gels

Septembre n’est pas la fin du potager. Mais ce n’est plus non plus le moment de semer n’importe quoi.

À cette période, trois facteurs deviennent déterminants : la température, le nombre de jours avant les premiers gels et la diminution de la durée du jour. La région où vous jardinez et les protections dont vous disposez peuvent donc complètement changer les possibilités.

Un semis qui fonctionne au début septembre dans une région peut être trop tardif ailleurs au Québec. Et une culture sous mini-tunnel peut continuer à produire alors que la même culture, laissée sans protection, sera fortement ralentie ou endommagée par les premiers gels.

La bonne stratégie? Semer rapidement les cultures adaptées au froid, protéger les récoltes en cours et préparer certains semis qui passeront l’hiver au jardin.

En septembre, le calendrier ne suffit plus

En septembre, quelques jours peuvent faire une réelle différence dans le développement des cultures.

Avant de semer, vérifiez :

  • votre région et la date moyenne du premier gel;
  • le nombre de jours à maturité de la variété;
  • sa tolérance au froid;
  • les températures prévues pour les prochaines semaines;
  • la possibilité d’utiliser un voile, un tunnel ou une serre.

Il faut aussi tenir compte d’un phénomène important : la croissance ralentit avec la diminution de la lumière. Même lorsqu’il ne gèle pas encore, les journées plus courtes et les températures plus fraîches ralentissent la photosynthèse et le développement des plantes. Une variété annoncée à 30 ou 40 jours à maturité dans des conditions estivales peut donc demander davantage de temps en automne.

Que peut-on encore semer en septembre?

La priorité va aux cultures rapides, adaptées aux températures fraîches et capables de tolérer un certain froid.

Semis de septembre

Les radis

Le radis est particulièrement intéressant pour les derniers semis. Sa croissance rapide permet d’obtenir une récolte en relativement peu de temps et les températures plus fraîches lui conviennent généralement bien. Plus le semis est tardif, plus il devient important de choisir une variété rapide et d’avoir une protection à portée de main.

Potager froid

La mâche

La mâche est l’une des championnes du potager froid. Elle germe et se développe à des températures fraîches et possède une excellente résistance au froid comparativement à plusieurs autres légumes-feuilles. Selon la date du semis et la région, elle peut être cultivée pour une récolte automnale ou entrer dans une stratégie d’hivernage.

Résistant au froid

Les épinards

L’épinard retrouve des conditions favorables lorsque les températures diminuent. Il tolère bien le froid, ce qui en fait une culture particulièrement intéressante pour la fin de saison. Un semis suffisamment précoce peut produire à l’automne, tandis qu’un semis plus tardif peut servir à établir de jeunes plants destinés à hiverner. Avec une protection adéquate, les possibilités sont encore plus intéressantes.

À semer rapidement

Les laitues

Certaines laitues peuvent encore être semées au début de septembre, particulièrement les variétés adaptées aux températures fraîches. La fenêtre devient cependant rapidement plus étroite au fil du mois. Pour les semis tardifs, une protection permet de réduire les risques associés aux premières nuits froides. Nos variétés préférées: Laitue pommée Pablo, la romaine d'hiver rouge, la reine des glaces.

Cultures de saison fraîche

Les verdures asiatiques

Plusieurs verdures asiatiques apprécient les températures fraîches. Selon la variété et la région, mizuna, moutardes asiatiques, tatsoï et autres légumes-feuilles à croissance rapide peuvent faire partie des derniers semis. Ici encore, la date compte : début septembre et fin septembre ne représentent pas du tout la même fenêtre de culture.

Premier gel : votre potager n’a pas dit son dernier mot

Une nuit à -1 °C ne signifie pas nécessairement que la saison est terminée. À l’automne québécois, une ou deux nuits sous zéro peuvent être suivies de plusieurs journées plus douces. Sans protection, certaines cultures peuvent être endommagées pendant ces quelques heures alors qu’elles auraient pu continuer à produire pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Quelques degrés de protection peuvent donc faire toute la différence.

Le voile de protection : simple et efficace

Une couverture flottante crée une couche d’air autour du feuillage et limite les échanges thermiques avec l’environnement. Elle peut être installée directement sur certaines cultures ou soutenue par des arceaux.

La couverture Novagryl P19 constitue une option légère pour protéger les cultures.

Pour une protection plus importante, la couverture flottante Bio Plus P30 peut également être utilisée.

La couverture de protection DeWitt offre une autre possibilité lorsque les températures chutent.

Le mini-tunnel : quelques degrés qui peuvent changer la saison

L’installation d’une couverture sur des arceaux en PVC souple permet de créer un petit tunnel au-dessus des cultures. L’intérêt est double : protéger les plantes du froid et créer un microclimat plus stable autour du feuillage.

Pour une installation déjà conçue à cet effet, il est aussi possible d’utiliser le tunnel en polythène Easy Tunnel de Haxnicks ou le système de mini-tunnel rétractable Bio Plus.

Attention toutefois à la ventilation. Une journée automnale ensoleillée peut rapidement faire augmenter la température sous un tunnel fermé. Il faut donc pouvoir l’ouvrir ou l’aérer lorsque les conditions l’exigent.

Quelles cultures protéger en priorité?

Toutes les plantes du potager n’ont pas la même résistance au froid.

Plus résistantes au froid : la mâche, les épinards et plusieurs légumes-feuilles rustiques peuvent supporter des températures basses et même de faibles gels selon leur stade de développement.

À surveiller : les laitues et plusieurs verdures asiatiques peuvent tolérer le frais, mais gagnent à être protégées lorsque des gels sont annoncés.

Très sensibles au gel : les cultures estivales comme les tomates, poivrons, aubergines, concombres, courges et basilic demandent beaucoup plus de vigilance.

La résistance varie toutefois selon l’espèce, la variété, le stade de croissance, la durée du gel, le vent et l’humidité. Une température minimale ne doit donc jamais être considérée comme une limite absolue.

Et en octobre? On change complètement de stratégie

Pour la majorité des potagers extérieurs québécois sans protection, octobre est généralement trop tard pour semer des légumes dans l’objectif d’obtenir une nouvelle récolte à l’automne. Mais cela ne veut pas dire qu’on arrête de semer. On change simplement d’objectif. Octobre devient notamment intéressant pour certains semis hivernants et semis nécessitant une période de froid.

La stratification à froid : laissez l’hiver travailler pour vous

Certaines semences possèdent des mécanismes de dormance qui empêchent leur germination immédiate. Pour plusieurs espèces, une exposition prolongée à des conditions froides et humides contribue à lever cette dormance. C’est ce qu’on appelle la stratification à froid.

Dans la nature, le processus se fait naturellement : les graines tombent au sol, passent l’hiver exposées au froid et à l’humidité, puis peuvent germer lorsque les conditions redeviennent favorables. Un semis extérieur réalisé avant l’hiver permet donc de reproduire ce cycle.

Parmi les semences qui se prêtent à ce type de semis automnal, on retrouve notamment les semences de plantes indigènes, dont plusieurs espèces bénéficient naturellement d’une période de froid pour favoriser leur germination au printemps. L’objectif n’est donc pas de les voir germer en octobre. On sème maintenant pour préparer la future germination.

Espèces qui demande également une stratification à froid :

Votre potager peut encore vous surprendre. Protégez-le maintenant et profitez pleinement des dernières récoltes de la saison.

Foire aux questions sur les semences

Non. Elles sont utiles dans certains systèmes très contrôlés ou pour des besoins spécifiques. Mais elles favorisent moins l’autonomie et la diversité.

Pas forcément. On peut créer de nouvelles variétés PL. L’important, c’est qu’elles soient reproductibles et stables.

Certaines oui, d’autres non. Tomates, pois, haricots, laitues : c’est très accessible. Nous adorons en parler, si vous souhaitez vous lancer.